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Philosophie rasta chapitre 1

Chapitre 1

Philosophie Rasta introduction poétique

La fascination des lions pour les lionnes; quand leurs corps sont nus comme la lune, ceux-là s’appellent les rastas. Le rasta veut jouir librement de l’amour qu’il donne et qu’il reçoit, il sait quand la lionne est nue comme la lune et que son âme est envahie par une immense douceur de sentiments inexpliqués, inexplicables et qu’il n’y aura jamais aucun mot existant assez beau pour transmettre cette émotion. Il tient les deux extrêmes pouvoirs qui dépasseront toutes les compréhensions humaines.

C’est à ces hommes de Babylone  que celui qui est de mon espèce ne devra pas attacher son cœur ; c’est aux printemps, à ces prairies multicolores, en ces lionnes fugitives que le lion devra croire!

Trop longtemps j’ai vécu sauvage Dans ces citées de Babylone, pour ne pas retourner à toi Zion !

Je sais tout: tu te sentais plus abandonné dans la multitude,

Toi l’unique, jamais tu ne l’as été avec moi.

C’est cela que tu as appris maintenant! Et parmi les esclaves dominés par la peur tu seras toujours sauvage et étrangère.

Mais dans Zion tu es chez toi dans ta demeure; ici tu peux tout dire et t’épancher toute entière ici nul n’a honte des sentiments cachés et tenaces.

Ici toutes choses s’approchent à ta parole, elles te cajolent et te prodiguent leurs caresses car elles veulent monter vers ton âme. Monter vers tous tes symboles et chevaucher ici avec toi toutes tes vérités.

Avec droiture et franchise, tu peux parler ici de toutes choses et, en vérité, les lionnes aiment recevoir des louanges, lorsqu’on parle à toutes choses avec droiture. Vers toutes les vérités.

Zion! Toi ma patrie, Zion! Comme ta voix me parle, bienheureuse tendre Zion!

Nous ne nous questionnons point, nous ne nous plaignons point l’un à l’autre, ouvertement nous passons ensemble les portes ouvertes.

Car tout est ouvert ici dans Zion et il fait clair; et les heures, elles aussi, s’écoulent ici plus légères.

Ici se révèle à moi l’essence et l’expression de tout ce qui est: tout ce qui est veut s’exprimer ici.

Dans Babylone cependant tout parle et rien n’est entendu, quand le lion annonce sa sagesse.

Dans Babylone les esclaves dominés par la peur veulent être ménagés et pris en pitié.

Gardant mes vérités au fond du cœur, ainsi j’ai toujours vécu parmi les hommes de Babylone.

J’étais assis parmi eux, déguisé, prêt à me méconnaître pour les supporter.

Fou que tu es, jamais tu ne leur ressembleras, tu ne connais pas les hommes de Babylone ! »

On désapprend ce que l’on sait des hommes quand on vit parmi les esclaves. Il y a trop de peur chez les hommes de Babylone que peuvent faire là les vues lointaines et perçantes ?

C’est avec des narines heureuses que je respire de nouveau la liberté des montagnes! Mon nez est enfin délivré de l’odeur de tous les esclaves dominés par la peur.

C, c pour les cœurs libres quelque chose d’innocent et de libre, le bonheur du jardin de la terre, la débordante reconnaissance de l’avenir pour le présent.

C, c, ce n’est un poison doucereux que pour les flétris, mais pour ceux qui ont la volonté du lion, c’est le plus grand cordial, le vin des vins, que l’on ménage religieusement.

C, c est la plus grande félicité symbolique pour le bonheur et l’espoir supérieur. Car il y a bien des choses qui…

O mon âme, je t’ai appris à dire « aujourd’hui »,  et à danser ta ronde par-dessus tout ce qui était,

ici, là-bas…

Tu as la liberté sur ce qui est créé et sur ce qui est incréé: et qui connaît comme toi la volupté de l’avenir?

Je viens de regarder dans tes yeux, ô vie: j’ai vu scintiller de l’or dans tes yeux nocturnes, cette émotion a fait cesser les battements de mon cœur.

D’un bond  tu te dressais déjà à demi détournée, les yeux pleins de désirs.

Je t’aime, tu es en moi, Zion.

Je te suis en dansant, même sur une piste incertaine.

Ah! Regarde comme je suis étendu! Regarde,  j’aimerais bien suivre avec toi les sentiers de l’amour!

Les sentiers de l’amour, à travers de silencieux buissons multicolores! Ou bien là-bas, ceux qui longent le lac avec leur grand arbres.

Nous avons trouvé notre île d’amour nous l’avons trouvé tout seuls à nous deux! C’est pourquoi il faut que nous nous aimions !

Et nous nous sommes regardés, nous avons jeté nos regards au fond de nos âmes déchirées á la fraîcheur du soir, et nous avons pleuré ensemble.

Mais alors la vie m’était plus chère que ne me l’a jamais été toute ma sagesse.

Comme un vent purificateur ; si jamais un souffle est venu vers moi, un souffle de ce souffle créateur, de cette nécessité divine qui force même les hasards à danser les danses d’étoiles.

Si je porte en moi cette joie du chercheur, cette joie qui pousse vers l’inconnu, s’il y a dans ma joie une joie utopique…

Le rasta sait qu’il ne sait, plutôt ne rien savoir que de savoir beaucoup de choses à moitié!

Moi je vais au fond: qu’importe qu’il soit petit ou grand? Un morceau de terre large comme la main me suffit pourvu que ce soit vraiment avec toi.

Un morceau de terre large comme la main: on peut s’y tenir debout. Dans la vraie conscience il n’y a rien de grand et rien de petit.

Il vaut la peine de vivre sur la terre: Un jour, une fête en compagnie des lionnes a suffi pour m’apprendre à aimer la terre.

Rastas, ne voulez-vous pas, comme moi, dire à la mort: « La vie c’est la mort de la mort encore une fois! »

Le vieux rasta cependant dansait de plaisir; et si, comme le croient certains conteurs, il était alors ivre d’herbe douce, il était certainement plus ivre encore de la vie douce, et il avait abdiqué toute lassitude. Il se passa pourtant alors des choses plus grandes et plus étranges, la lionne avait dansé ce soir-là.

Maintenant le soir est venu et la nuit et l’heure de minuit,  le lion hurle, et le vent ; le vent n’est-il pas un signe?

Aussi longtemps que votre morale était suspendue au-dessus de ma tête, je respirais comme quelqu’un qui étouffe. Dès lors, il me fallut embrasser ce serpent. Je voulais vivre, c’est pourquoi je devais t’aimer.

Mais la croyance fondamentale des hommes de Babylone, c’est qu’il faut vivre pour rien, c’est là leur vulgarité. Combien de génération faudra-t-il ? C’est pour cela que les rastas sont immortels.

La particularité de la philo rasta est qu’il n’y a pas de philo,

ou plutôt qu’il y a autant de philosophies que de rastas.

Si je me permets d’écrire la philo rasta c’est avec la même liberté

que celle de ne pas adhérer à aucune philosophie.

La mission que je me suis donnée est de comparer la philo rasta

à l’histoire de la philosophie de Platon à Michel Onfray pour lui accorder la crédibilité qu’elle mérite.

Le rasta n’est pas platonicien.

D’après Platon l’âme est véritablement collée au corps

comme à travers les murs d’un cachot

que lui-même a constitué par ses désirs et ses sens,

qui font que le prisonnier aide lui-même à serrer sa chaine.

L’Ame, le rasta y porte un grand intérêt, car il croit que le corps en est le véhicule

les sens et les organes étant les véhicules du plaisir.

Le rasta rejoint les philosophes présocratiques

dans la recherche de la simplicité de la pensée sur toute chose,

l’eau

chez Thales,

l’air

chez Anaximène,

le feu

chez Héraclite,

l’infini

chez Anaximandre,

l’esprit

chez Anaxagore,

l’atome

chez Démocrite

l’être

chez Parménide

Diogène le cynique pense que la loi

des hommes n’a rien à voir avec

la nature des choses.

A bas la loi,

retour a la nature !

Le rasta n’est pas sceptique,

à la différence de Pyrrhon le fondateur du scepticisme ancien,

car sa rencontre avec les gymnosophistes,

ces sages nus

(les ascètes qui parcourent l’Inde a pieds)

et qui possèdent la maitrise de leur corps

est naturellement accepté chez les rastas.

(Nous reviendrons sur l’influence de ces ascètes dans notre philo rasta).

Les rastas se sentent partie intégrante

de la nature et ne différencient pas la nature

cosmique de leur nature propre

Il y a trois natures,

la nature terrestre,

la nature physique (le corps),

et la nature de l’esprit

et de l’âme

avec lesquels le rasta se sent en harmonie avec l’ordre cosmique.

Le rasta rejette par excellence les catégorisations

(tous les mots finissant en  –isme)

pour lui la religion chrétienne n’est qu’une secte qui a réussi,

il rejette donc le christianisme,

le nestorianisme

le monophysisme pour sa nature divine,

l’arianisme, le subordinatianisme, le monarchianisme, l’adoptianisme, le modalisme

« Le sauvage n’est peut-être pas celui qu’on pense » Montaigne

Max Weber émettra une hypothèse

chez les grecs et les romains

comme chez tous les peuples de l’antiquité,

la nature toute entière est sacrée,

les bois et les rivières,

les sources et les astres.

Avec l’idée d’une création unique,

absolue par un esprit supérieur,

tout cela disparait.

Le christianisme désenchante le monde,

le préparant ainsi à la maitrise technique,

à la connaissance scientifique et a l’exploitation économique

A la fin de la renaissance  John Donne (poète) explique

la disparition du modèle de l’homme image du monde.

Chanson

Va attraper une étoile filante,
Fais qu’une racine de mandragore enfante,
Dis-moi où sont les jours d’antan passés,
Ou qui fit fourcher des Diables les piés,
Enseigne-moi à ouïr chanter Sirènes,
Me prémunir des piqûres de la haine,
Et m’apprends
Quel vent
Sert à pousser esprit honnête en avant.

Si tu es né pour des paysages impossibles,
Voir des choses invisibles,
Chevauche mil et une nuit, chevauche le Temps,
Jusqu’à ce que l’âge sur toi neige des cheveux blancs,
Toi, tu me diras, quand tu seras rentré,
Toutes les merveilles étranges qu’auras rencontrées,
Et jureras que nulle part
Ne vit la chose rare
D’une femme honnête, et belle aussi.

Si tu en trouves une, préviens moi; je gage
Que serait doux tel pèlerinage;
Et puis non, je n’irais point,
Même si par aventure, nous pussions nous voir non loin,
Bien que, lorsque tu l’as vue, elle parut sincère être
Au moins jusqu’au moment ou tu écrivis ta lettre
Déjà elle, je crois,
Sera
Infidèle, le temps que je vienne, à deux ou trois.

John Donne

« On ne commande à la nature qu’en lui obéissant ».

« La science n’est rien d’autre que l’image de la vérité car la vérité d’être et la vérité de connaitre sont une seule et même chose et ne différent pas plus entre elle que le rayon direct et le rayon réfléchit ». Francis Bacon Dans la chasse aux idoles (Novum Organum scientiarum ) il définit les 4 erreurs de l’esprit ;

-Les idoles de la tribu que sont les préjugés,

-Les idoles de la caverne pour illustrer le monde des apparences et des illusions,

-Les idoles de la place publique qui désignent les erreurs qui proviennent des limites du langage des divisions superficielles ou arbitraires et qui font croire a leur réalités

-Les idoles du théâtre désignent les systématisations abusives ou bien les interprétations délirantes de la bible.

« Rien n’est aussi vaste que les choses vides »

Le rasta n’a pas d’idole, il n’a que ce que ses sens lui montrent.

« Le vrai et le faux sont des attributs du langage non des choses, là où il n’y a pas de langage, il n’y a ni vérité ni fausseté ». Thomas Hobbes.

Le rasta rejoint Hobbes dans sa pensée

contre la société et le pouvoir politique qui ne sont pas naturels à l’homme,

l’image du Léviathan

symbole de l’état est un automate plutôt qu’un organisme.

Pour Hobbes il n’existe que des corps des forces et des mouvements.

Pour le rasta le Léviathan est un monstre mais un monstre (non) bénéfique.

Le fondement intellectuel du Rastafari : la liberté.

Le Rasta prend soin de son corps car il sait que la «liberté est la santé de l’Ame »

d’après Voltaire ; « la liberté est liée à la volonté » ; « il faut que chaque homme rentre dans soi-même, et qu’il se rende témoignage de son propre jugement

La responsabilité donnée à Dieu

a fini par obscurcir le libre arbitre et l’idée de liberté,

l’homme ne contrôlant pas ses sens selon Voltaire

Le rasta pense qu’être en harmonie avec ses sens l’éloigne de l’esclavage de la prescience de Dieu.

Le rasta ne croit pas comme Diderot que nous n’avons pas de liberté

à cause de nos propres jugements.

Le rastaman a pour lui le bon sens des lois de la nature,

le Paradis est ici et maintenant.

Le rasta suit L’impulsion naturelle de ses désirs,

il choisit le plaisir qu’il prend pour le bien et fuit la peine qu’il prend pour le mal.

Le rasta assume ses actes, comme selon Spinoza :

« La philosophie est une méditation de la vie et non une méditation de la mort comme l’épicurisme le spinozisme est une morale de la liberté parce qu’elle vise la délivrance vis-à-vis de la crainte et de l’ignorance qui sont des servitudes. Notre âme en tant qu’elle perçoit les choses d’une façon vrai est une partie de l’intelligence infinie de la nature ».

« Le désir est l’essence de l’homme, c’est á dire l’effort part lequel il s’efforce de persévérer dans son être ».

Spinoza s’est fait attitrer la fameuse conception du panthéisme selon laquelle l’univers

est de nature divine dans la moindre de ses parties,

la plus humble de ses créatures,

vers de terre,

moustiques, microbes est une parcelle de divinité ; que Spinoza rejeta par la suite.

« Toute substance est comme un monde entier ou comme un miroir de Jah ou de tout l’univers ».

« Chaque portion de la matière peut-être conçue comme un jardin plein de plantes et comme un étang plein de poissons mais chaque rameau de la plante chaque membre de l’animal chaque goutte de ses humeurs est encore un tel jardin ou un tel étang

« Le présent est gros de l’avenir, le futur se pourrait lire dans le passe, l’éloigné se pourrait lire dans le prochain, on pourrait connaître la beauté de l’univers dans chaque âme si l’on pouvait dépouiller tous les replis qui ne se développent sensiblement qu’avec le temps ». Leibniz

Pascal voyait dans les 3 éléments une tyrannie

-La chair renvoie aux plaisirs sensibles

-L’esprit renvoie au travail intellectuel

-le cœur renvoie non seulement a l’affectivité mais aussi a l’intuition

Le rasta conçoit ces trois ensembles en un, et non pas comme une tyrannie.

Le pari de Pascal :

Priez et préparez votre paradis,

s’il n’existe pas vous ne perdez rien,

s’il existe vous gagnez tout.

Le rasta pense que le paradis est ici et maintenant,

si le paradis n’existe pas vous n’avez rien perdu,

et s’il existe pariez que Dieu apprécie que les rastas apprécient sa création.

« J’ai découvert que tout le malheur vient d’une seule chose qui est de ne pas savoir demeurer au repos dans une chambre ». Pascal

Le philosophe écossais Thomas Reid faisait un rejet de la métaphysique au nom de la vie.

Kant s’efforcera de réorienter la métaphysique vers le domaine pratique.

Le rasta intègre les éléments de la métaphysique

c’est-à-dire de l’univers,

de la nature de la matière,

de la connaissance,

de la vérité,

et de la liberté comme un tout unifié.

Le 18ieme siècle reçut les premières réflexions sur le sauvage et le primitif représentant un idéal de vie et d’humanité symbolisant le paradis d’Adam et Eve.

Si la nature prend la place de Dieu et que derrière le naturel se profile presque toujours le divin

pour la plupart des philosophes des Lumières.

Le Rasta ne sépare pas Jah de la nature,

sa foi dans la nature s’approche d’un absolu divin.

Le rasta est touché par le mouvement du romantisme allemand

et il pense que la direction de l’utilisation de la sensibilité romantique

(Critiques de la raison pure de Kant) est dangereuse pour l’âme et au final affaiblit l’homme.

J’ai eu parfois une sensation qui m’a effrayé jusqu’en mes profondeurs écrit Karl Phillip Moritz,

il me semblait a contempler la grande nature qui m’environnait que je me sentais perdu,

que j’aurai du presser ciel et Terre sur mon cœur,

me marier a ce beau tout,

je sentais mon existence ébranlé par cette sensation,

c’est comme si j’avais souhaité me perdre,

soudain dissout dans ce tout et ne plus exister,

isolé et délaissé comme une fleur qui se flétrit et se meurt. Contre le mécanisme de Descartes et de Newton qui dissocie, dévitalise et déspiritualise la nature, la philosophie de la nature constitue une protestation poétique, le cri vers la mère universelle aussi que les débuts de l’âge industriel sont en train alors d’éloigner et de faire mourir.

Les rastas sont touchés par les romantiques qui chantent l’amour, ils font d’avantage que célébrer un affect entre un homme et une femme, ils exaltent une force d’union dont la mort apparait souvent comme la seule rivale. Dante dans la divine comédie écrit que c’est l’amour qui fait mouvoir les mondes, entre mouvoir un monde et émouvoir un cœur la différence n’est-elle pas du tout à la partie. Les romantiques donnent a l’amour en tant qu’expression de l’unité des opposés un sens et une extension proprement cosmiques, Novalis appel couple total celui qui réunit l’art et la nature. Hölderlin écrit que le nom de ce qui constitue l’un et le tout est beauté. Le banquet de Platon est retrouvé, l’amour et le désir d’être tout coïncide.

Les rastas pensent à l’inverse de Schiller que la poésie des anciens vivait en familiarité avec la nature

Ils comprennent la poésie moderne sentimentale qui vit dans la douleur de la séparation.

La logique psychanalytique part du principe qu’on ne désire que ce que l’on n’a pas ou ce que l’on a perdu, le rasta assume qu’il ne peut posséder que lui-même et donc ne pas pleurer ni désirer ce qu’il n’a pas, mais a l’opposé apprécier les sentiments de l’amour qui le traversent.

Hen Kai pan (un et tout , en grec) le spinozisme et la génération romantique (Hölderlin, Schelling, Hegel, Schleiermacher communient dans cette formule qui trouve ses origine dans les fragments d’Héraclite et qui avait servit au moyen-âge de devise aux alchimiste ; on l’a représenté sous la forme d’un serpent qui avale sa queue dans sa gueule, symbole de la circulation des éléments, les uns dans les autres.

Schiller opposait à l’homme un et total des premières républiques l’homme moderne déchiré et dispersé par la division du travail. Jusqu’à Marx et Wagner, la génération romantique dénonce cette division comme une fatalité moderne.

D’où la définition de la conscience,

c’est savoir qu’il y a un peu de moi dans les autres

et qu’il y a un peu des autres dans moi

(l’hymne à la joie de Schiller mis en musique par Beethoven est devenu l’hymne européen).

Pour Hegel le paradis terrestre est un lieu de grande bêtise dont heureusement

Adam et Eve sont sortis par la grâce de leur péché,

ils ont en désobéissant à leur créateur montrés qu’ils pouvaient affirmer leur volonté

donc leur liberté,

de fait les allégories de la liberté ont toujours été féminines.

Le rasta recherche la féminité qui est en lui car elle est source de connaissance et de libération.

« Qu’on s’imagine un nombre d’hommes dans les chaînes, et tous condamnes a la mort, dont les uns étant chaque jour égorgés a la vue des autres, ceux qui restent voient leur propre condition dans celle de leur semblables et se regardent les uns les autres avec douleur et sans espérance, attendant a leur tour. C’est l’image de la condition des hommes ». Pascal

Le rasta respecte Kant quant à sa philosophie des lois de la nature qui sont les mêmes pour l’homme jusqu’à sa capacité de se transcender. Kant invente l’expression « société des nations » sous le sigle SDN, objectif : assurer la paix mondiale qui n’a pas empêché la montée des fascismes. Qu’en est-il aujourd’hui ?

« Attendre une paix universelle et durable de ce qu’on appelle l’équilibre des puissances européennes c’est une pure chimère semblable a cette maison de Swift qu’un architecte avait construite d’une façon si parfaitement conforme a toutes les lois de l’équilibre, qu’un moineau étant venu s’y poser elle s’écroula aussitôt ». Kant

Le rasta se sent proche de J.J Rousseau. La nature a fait l’homme heureux et bon, mais la société le déprave et le rend misérable ; dans le discours sur les origines et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, il dresse un tableau littéralement catastrophique de la société et de la culture, née d’une rupture avec un insouciant état de nature dans lequel nos ancêtres vivaient sauvages mais libres.

Déclaration des droits des hommes et des femmes de la faune et de la flore ou Déclarations des droits du vivant et de la planète.

Préambule

Les représentants du peuple de la terre constitués en communauté internationale, considérant que l’ignorance,

l’oublis ou le mépris des droits de la vie et de l’environnement sont les seules causes des malheurs de notre planète,

de la pollution et de la corruption des gouvernements, ont résolus d’exposer dans une déclaration solennelle

les droits naturels, inaliénables, et sacrés de toute vie et son environnement ;

afin que cette déclaration constamment présente à tous les membres du corps social planétaire leur rappellent sans cesse leur conscience de droit et de devoirs,

afin que les actes du pouvoir législatif et ceux du pouvoir exécutif en soient plus respectés.

Toute institution politique a le devoir d’honorer cette déclaration,

afin que cette déclaration des citoyens du monde fondés désormais sur des principes simples et incontestables,

tourne toujours autour du maintien de la liberté et du bonheur de tous

En conséquence, l’assemblée unie des nations reconnaît et déclare en présence et sous les auspices de leur conscience,

de leur foi, de leur éthique, de leur intégrité de citoyen du monde et de leur responsabilité face aux générations futures, les droits suivants de l’être humain et de son environnement.

Art.1. Les êtres vivants naissent libres et demeurent égaux en droit. Ils sont libres de penser, de croire et d’agir à leur guise, leur base fondée sur l’utilité commune a pour but de préserver et de protéger la liberté et l’environnement pour les générations futures.

Art.2. L’être vivant ne peut être engagé par quelque pression que ce soit psychologique, politique, religieuse ou autre.Ses pensées et ses actes lui appartiennent en propre.

Art.3. La liberté de l’être vivant ne peut être en aucun cas réduite, il n’appartient á aucune nation le droit de restreindre sa libre circulation. Pour sa sécurité et son intégrité, aucune force n’a le droit d’exercer son autorité par quelque moyen que ce soit.

Art.4. L’être vivant ne doit pas nuire à autrui ni empêcher la jouissance de ses droits.

Art.5. L’être doit défendre tout ce qui vit contre toute acte nuisible á la nature. L’être ne doit pas tenter d’ordonner contre la volonté d’autrui.

Art.6. Les êtres humains ont la responsabilité de protéger contre toute atteinte à la dignité des êtres vivants, d’aider à l’épanouissement de leur vertus et de leur talents.

Art.7. Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclare coupable. Tout être qui accuse, arrête, détient ou exécute de façon arbitraire doit être puni. Toute être a la responsabilité de la résistance. S’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire doit être sévèrement réprimée par la société. Nul ne peut être puni sans que les responsabilités n’incombent á la société.

Art.8. Nul ne doit manifester ses opinions mêmes religieuses dans le but de convertir ni d’engager dans quelque idéologie, mouvement que ce soit, et nul ne doit être inquiété pour ses opinions.

Art.9. La libre communication des pensées et la liberté d’expression sont les droits fondamentaux de l’être vivant, il a le devoir de préparer un monde meilleur pour les générations futures.

Art.10. L’être vivant a la liberté naturelle de penser, de parler, d’écrire et reste totalement libre de ses opinions et de sa foi.

Art.11. La garantie des droits de l’être, sans discrimination de gendre, de race, d’âge, de condition sociale, et d’environnement est protégée par les forces spontanées de la communauté.

Art.12. L’être vivant à le devoir d’une contribution commune pour protéger et sauvegarder tout ce qui vit.

Art.13. L’être doit utiliser sa conscience et son sens des responsabilités pour aimer et protéger son environnement et ne pas chercher des moyens autres que ce que la nature lui donne en énergie essentielles a la vie.

Art.14. L’intimité et l’intégrité de l’être humain étant des droits inviolables et sacrés, nul ne peut en être privés. La communauté a le devoir d’en garantir ses droits.

Le rasta apprécie les poèmes sur la nature et la liberté de Lamartine.

Contre la peine de mort

(Au peuple du 19 octobre 1830)

Vains efforts ! Périlleuse audace !
Me disent des amis au geste menaçant,
Le lion même fait-il grâce
Quand sa langue a léché du sang ?
Taisez-vous ! Ou chantez comme rugit la foule ?
Attendez pour passer que le torrent s’écoule
De sang et de lie écumant !
On peut braver Néron, cette hyène de Rome!
Les brutes ont un cœur! le tyran est un homme :
Mais le peuple est un élément ;

Elément qu’aucun frein ne dompte,
Et qui roule semblable à la fatalité ;
Pendant que sa colère monte,
Jeter un cri d’humanité,
C’est au sourd Océan qui blanchit son rivage
Jeter dans la tempête un roseau de la plage,
La feuille sèche à l’ouragan !
C’est aiguiser le fer pour soutirer la foudre,
Ou poser pour l’éteindre un bras réduit en poudre
Sur la bouche en feu du volcan !

Souviens-toi du jeune poète,
Chénier ! dont sous tes pas le sang est encor chaud,
Dont l’histoire en pleurant répète
Le salut triste à l’échafaud .
Il rêvait, comme toi, sur une terre libre
Du pouvoir et des lois le sublime équilibre ;
Dans ses bourreaux il avait foi !
Qu’importe ? il faut mourir, et mourir sans mémoire :
Eh bien ! Mourons, dit-il. Vous tuez de la gloire :
J’en avais pour vous et pour moi ! (extrait)

« Le philosophe construit un palais d’idées et il habite une chaumière. L’existence est le récit sur lequel la pensée pure fait naufrage ». Kierkegaard.

Il se veut antiphilosophique, je n’existe pas parce que je pense.

Le rastaman ne rejoint pas Kierkegaard qui revendique la position du penseur subjectif,

la prétention de la philosophie à l’objectivité est une illusion

puisqu’elle ne peut pas se situer l’extérieur du monde

et que le sujet qui la soutient ne peut se mettre a l’égard de lui-même.

La pensée de l’existence ne se communique pas comme un savoir mais comme un pouvoir qui modifie en un sens différend ; de celui qui le donne à celui qui le reçoit. Le rasta pense contrairement a Kierkegaard et son cynisme qu’il n’y a pas contradiction entre le désir du corps et l’aspiration de l’âme.

Le rasta pense qu’il est déterminé á être libre. Paul Valery pense que l’être humain ne maitrise pas la liberté de ses actes.

Le rasta aime la simplicité et la clarté de la pensée d’Albert Camus qui humblement avoue ne pas comprendre.

L’existentialisme de J.P Sartre est un phénomène qui n’existe pas chez les rastas car la question sur l’être et l’existence n’existent pas dans la nature.

Le rasta comprend Karl Marx dans sa lutte contre la propriété privée, la bourgeoisie, l’égoïsme et la restriction de la liberté, et son combat pour l’émancipation humaine.

« La philosophie est à l’étude du monde réel ce que l’onanisme est à l’amour sexuel »

Pour le rasta Karl Marx est un humaniste mais on ne défend pas l’idéologie humaniste par la violence, car pour le rasta la violence est toujours un échec. « La religion est le soupir de la créature accablée par le malheur, elle est le cœur d’un monde sans cœur, comme elle est l’esprit d’une époque sans esprit, elle est l’opium du peuple » Karl Marx.

Le rasta n’aime pas le capitalisme car cette machine économique s’impose de plus en plus comme une puissance séparée qui ne doit plus rien a ses propriétaires et utilisateurs. Le capital est semblable au vampire, il ne s’anime qu’en suçant le travail vivant et sa vie est d’autant plus allègre qu’il en pompe d’avantage.

Schopenhauer reprend la formule des upanisads tat tvam asi (toi aussi tu es cela) qui exprime le principe du dépassement d’individuation, le moi se croyant isolé jusqu’à ce qu’il trouve enfin la bonne distance moyenne entre I and I. Le rastaman conçoit cette théorie de l’équilibre.

Les rastas pensent que les nazis étaient malgré tout si stupide qu’ils n’ont rien compris a Nietzsche.

Le rasta n’aime pas la violence de Nietzsche, « philosopher à coup de marteau » le crépuscule des idoles contre le crépuscule des dieux de Wagner. Zarathoustra le prophète du surhomme qui dramatisa la confrontation du bien et du mal annonça lui-même la venue d’une pensée qui irait par delà le bien et le mal. Pour Nietzsche l’homme n’a plus supporté ce gênant témoin de sa propre médiocrité d’où le nihilisme, le constat d’une civilisation dans laquelle la vitalité est tombée a un niveau si bas que les hommes n’ont même plus la force de forger des valeurs nouvelles d’existence à la place délaissée des valeurs anciennes.

Le rastaman rejette la conception de Michel Foucault sur le sexe car pour le rasta, le sexe a plus affaire avec l’essence (les sens) dont la portée nous amène vers la vérité, qu’une simple question d’organes et de discours.

Pour le rasta Derrida use et abuse des mots, les emboite les uns dans les autres, il pense qu’il ne peut exister un sens attaché aux mots, aux choses ou à la pensée, qu’il n’y a rien à extraire ou à exprimer comme un trésor caché. Le rasta pense que la parole et la pensée aident à la construction de l’individu.

Le rasta respecte le phénomène freudien, la création de la psychanalyse, c’est le constat de l’individualisme, de la solitude de l’homme dans la société moderne (Babylone), en découle les névroses, psychoses, hystéries, doute de soi, schizophrénie, paranoïa, et l’étude de l’inconscient a travers le rêve. L’inconscient ignore la contradiction qui n’existe qu’au regard de la raison consciente. «Parce qu’elle nous prive de multiples possibilités de plaisir, la raison devient une ennemie au joug de laquelle nous nous arrachons avec joie ». « La religion serait la névrose obsessionnelle universelle de l’humanité comme celle de l’enfant, elle dérive du complexe d’Œdipe, des rapports de l’enfant au père ». Avant Freud les rêves avaient été interprété de deux manières comme des songes prémonitoires envoyés par l’au delà pour avertir les hommes, ou comme des symptômes de trouble psychique

Pour Freud c’est la conscience, l’inconscient, le préconscient

Puis le moi, le ca, le surmoi.

Le rasta ne dissèque pas ces éléments. Ce sont 3 entités en une avec lesquelles le rasta vit en accord. Pour Descartes même quand la conscience pense qu’elle ne pense pas toujours, c’est encore elle qui le pense. Pour le rasta le jugement sur l’équilibre humain a une dimension beaucoup plus large.

Deleuze reproche à la psychanalyse d’avoir méconnu la véritable nature du désir qui est inventivité infinie, agencement toujours remodelé, production littéralement poétique, il n’est pas étonnant dès lors qu’elle ait fonctionné comme une machine répressive enfermant le désir. La schizanalyse appelle de ses vœux dans l’anti Oedipe contre une psychanalyse subversive, qui aggrave les différences au lieu de les gommer.

Le rasta rejoint Hans Jonas dans son analyse de la civilisation occidentale, de sa violence technique qui repose sur la dualité de l’esprit et de la nature. Le premier devant soumettre et réduire la seconde, la domination sans partage de l’être humain sur un milieu considéré comme purement matériel, indifférent, inerte, est la conséquence lointaine de cette position désastreuse qui devrait conduire a une catastrophe globale si aucune prise de conscience n’intervient pour y mettre fin. Dans son livre « principe responsabilité » l’environnement totalement négligé par la science économique et l’être humain lui-même peuvent pour la première fois de l’histoire être radicalement mise en question par l’action de l’homme même. Il fut le premier à théoriser le principe de précaution devant une menace globale qui risquerait d’anéantir le cadre de vie ou la nature présente de l’homme. Selon lui il est nécessaire de s’abstenir de faire ce qu’il serait techniquement possible de faire.

C’est au moment du plus grand péril que nous pouvons savoir ce qui est pour nous le plus important. Or aujourd’hui le milieu naturel et l’intégrité physique de l’être humain sont menacés. La pollution risque de détruire l’environnement et les biotechnologies risquent de bouleverser l’être humain. D’où la nécessité de repenser la responsabilité. La peur peut être bonne conseillère. Pour la première fois dans l’histoire l’homme peut accomplir des actions dont les effets échappent presque totalement à sa connaissance.

Depuis un bon siècle les philosophes annoncent la fin de l’humanité. Des philosophes travaillent un peu partout dans le monde. Internet a la fois vecteur et signe d’une mondialisation qui ne fait que naitre donne a la philosophie une existence publique qu’elle n’avait jamais eue auparavant. Des milliers de blogueurs anonymes lancent des idées dans cet océan de signes, se réunissent en forums de discussions, échangent leur arguments, jamais dans toute l’histoire passée on n’aura autant philosophé qu’aujourd’hui.

Le rastaman sait que la pensée humaine ne peut pas être remplacée par un ordinateur, que la part animale de l’homme est la plus humaine, car le corps et l’esprit font partie de sa nature physique.

ONE LOVE

Le rasta apprécie la philosophie hédoniste de Michel  Onfray. Le rasta apprécie son combat pour la réhabilitation de Nietzsche, et sa démythification de Freud, la clarté de ses analyses sur les débuts du christianisme, son implication de la morale et de la haine du corps, ses conséquences sur la pensée chrétienne (St Paul) ; le courage de ses idées dans son enseignement (université populaire de Caen).

L’idée du corps ou le concept du corps, c’est la réalité du corps et la réalité de la chair”.

“La gourmandise, ce n’est pas manger trop, c’est prendre du plaisir à manger. Alors qu’il n’y a aucune raison de s’interdire le plaisir de manger, de boire, de converser, d’écouter de la musique, de voyager”. “Mon corps paraissait s’échapper d’une faille pratiquée au rasoir sur ce que je ressentais comme le revers de mon cœur. La béance absorbait ma chair, mon sang et tout ce qui aurait pu se présenter sous forme d’âme ».

« L’hédonisme est d’actualité comme une revendication, une perpétuelle volonté de subversion, une authentique et capricieuse rébellion élégante devant le gouffre ouvert tel un fruit défendu dont les sucs sont violemment mortels »

Michel Onfray.