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Philosophie Rasta chapitre 2

Philosophie rasta chapitre 2

JLMA Amazone

JLMA 2010

Ecoute, avec mon regard perdu et mon amour profond, africain j’ai du soleil dans le corps et plein d’espoir quand tu danse, le mystère de ta musique qui s’élève vers la conquête de notre droit à la vie.

Ayahuasca 2010 JLMA

Les mystérieux Rastafariens et leurs nattes hirsutes se répandent un peu plus chaque jour dans les rues du monde entier. Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Cette histoire de Rastafari, ça raconte quoi exactement ?

Jadis, bien avant que Jésus-Christ ne fasse son apparition, les Hébreux étaient répandus dans toute la vallée du Nil, de la Méditerranée au nord de l’Abyssinie. Ils étaient très présents dans la société égyptienne antique, et particulièrement dans la région de Goshen à partir de 1900 avant JC environ. Gouverneur du pays kouchite (nord de l’Ethiopie) au service du pharaon, Moïse passe quarante ans en Afrique noire, ce qui éclaire d’une lumière historique les chansons rastafariennes qui clament unanimement que « Moïse était un dreadlocks ». Réduits entretemps en esclavage, les Hébreux en ont assez de l’oppression égyptienne. Et vers 1500 avant Jésus Christ, armés de la Tora (l’ancien testament) ils fuient l’Égypte. Le Talmud indique qu’ils ne sont « ni blancs ni noirs » mais sans doute entre les deux. La Bible raconte cet exil, un périple où Moïse les mène jusqu’à la terre promise d’Israël (Prince Far I, Moses Moses, 1978).

En effet, le « Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs » (1 Timothée 6:15) de la Bible ressemble beaucoup aux titres traditionnels millénaires de Sa Majesté Impériale Haïlé Sélassié Ier : « Empereur d’Ethiopie, Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, Lion Conquérant de la Tribu de Juda, élu de Dieu, Lumière de l’Univers ». Puisant à la fois dans le marxisme, le christianisme, la culture africaine et plus tard l’hindouisme, Howell considère Sélassié (ou « Jah », de Jahovah) comme le messie et propose dès lors une interprétation afrocentriste de la Bible.

Cultivant le chanvre, considéré comme un sacrement (fumé dans les calices) et le diffusant dans l’île,Leonard  Percival Howell est arrêté pour sédition en 1933, puis il est interné à l’asile à plusieurs reprises, alors que le Pinacle est détruit maintes fois par la police.
Différents mouvements éthiopianistes de libération, parfois menés par Prince Emmanuel, se développent parallèlement en Jamaïque. Ils prennent pourtant peu à peu un nom générique, Rastafari, et visent, en partie, à restituer à l’homme noir le rôle important qu’il a joué dans la civilisation, à commencer par la Bible, où les ancêtres Juifs de Sélassié seraient naturellement, comme lui, Noirs : Moïse, Jésus, etc.

Leonard Percival Howell

Leonard Percival Howell est le fondateur du mouvement rasta. Il n’a inventé ni les dreadlocks, ni l’herbe (introduite en Jamaïque par les Indiens), ni le reggae. Il n’a pas théorisé le retour en Afrique, la nature divine d’Heilé Selassié ni la négritude de Jésus. Simplement, Howell a su faire converger un ensemble de revendications et d’attitudes, mettant en pratique des préceptes que d’autres, comme Marcus Garvey, se contentaient de promouvoir.

Howell est né en 1898 à Clarendon, une région agricole de l’île. Son père appartient à cette générations de jamaïcains noirs nés libres – l’esclavage a été aboli en 1838 – et contraints d’inventer leur vie. Anglican comme ses anciens maîtres, Charles Howell accède à force de travail au statut de notable, capable d’offrir à ses enfants une certaine éducation.

Indépendant et fantasque, Howell quitte le pays très tôt et s’installe à New York. Il voyage et débarque à Panama. En 1917, il s’engage mais, lors d’une escale, il déserte une guerre qu’il laisse volontiers aux blancs. Il navigue durant huit ans, comme cuistot, visitant l’Afrique, l’Europe, l’Asie. Tour à tour manœuvre, marin, portier, il enchaîne ensuite les petits boulots avant d’ouvrir un café à Harlem, un de ces ganja-pads où la marijuana circulait, entre deux discours militants. De retour en Jamaïque en 1932, Howell soutient l’action de Marcus Garvey et contribue à la déification d’Heile Selassie. Alors que Marcus «  le moderne  » joue les rationalistes et essaye de susciter une prise de conscience populaire, Howell fait feu de tous bois, parcourant la campagne et mobilisant les foules en utilisant les ressorts religieux. Panoplie de prophète – robe noire, rites purificateurs, etc. – et anecdotes pseudo-historiques lui permettent de fédérer les paysans jamaïcains. Il fait référence aux employés blancs de l’empereur d’Ethiopie, dresse le récit de la prosternation du Duc d’York, envoyé de la Couronne britannique, devant Heile Selassie. Pour servir son projet, Howell prétend parler plusieurs dialectes africains et fonde la Société pour le Salut Ethiopien (Ethiopian Salvation Society) en 1934.

Imaginez l’ambiance : Howell déboule dans cette colonie anglaise parfaitement administrée et clame la noblesse de la race noire en prônant la marijuana comme sacrement. Alors qu’à cette époque un noir s’adresse à un blanc la tête baissée, il crie haut et fort qu’il faut cesser de verser l’impôt à la Reine d’Angleterre. Au cours d’un des nombreux procès qu’il subira, en 1935, Howell s’adresse au juge – blanc – sur un ton inimaginable : «  je te conseille de me donner la peine maximale, car bientôt, lorsque je siégerai à ta place, je ne te raterai pas  ».

En 1933, il est emprisonné pour avoir essayé de vendre 5 000 photos de Heile Selassie, qu’il présentait comme des passeports pour l’Ethiopie. Il décide alors de bâtir une communauté autonome sous l’égide du nouveau messie. A sa sortie de prison, il part avec ses supporters dans les collines isolées de la Jamaïque, lieu historique de refuge pour les esclaves en fuite qu’on appelait «  Maroons  ». Ces collines devinrent un lieu de mémoire fortement présent dans la culture rasta, au point de figurer sur un grand nombre de pochettes de disques reggae. On peut citer par exemple Rise Shine de Peter Broggs, sur la pochette duquel dready Peter court comme un petit fou au milieu des collines, rigolard comme s’il avait fumé la moitié de l’herbe autour de lui. L’album Tribute to the martyrs, de Steel Pulse, figure aussi les collines de l’île – sous la forme d’un dessin révélant au premier plan une famille en exil. Man in the Hills, de Burning Spear, fait également référence à ce décor. Les collines de Jamaïque peuvent d’ailleurs se confondre avec les monts d’Ethiopie, dont elles semblent être une promesse, comme sur l’album Visons de Dennis Brown.

La communauté voulue par Howell, le Pinnacle, est construite dans l’est de l’île, près de Spanish Town. Il y rassemble des travailleurs indiens, venus remplacer les esclaves dans les plantations, et prend le nom de Ganguru Maragh, ou Gong pour les intimes. Le lieu devient le domicile et la ferme communale des hommes, des femmes et des enfants. Howell adopte un régime végétarien et organise une liturgie à base d’encens, d’incantations et de volutes d’herbe. La communauté veille au respect de l’équilibre démographique. Elle comptait une centaine de personnes, qui jouissaient d’une certaine sécurité matérielle grâce aux champs de coton et de ganja (la communauté possédait plus de 180 000 pieds …) que Gong leur donnait à cultiver.

Puisque la communauté de Pinnacle n’est pas extensible, une diaspora se forme progressivement, regroupant des individus issus de la communauté mais incités à trouver ailleurs leur bonne fortune. Certains se joignirent aux familles pauvres et expropriées du bidonville situé dans le quartier surpeuplé de Back O’ Wall, à l’ouest de Kingston. C’est à partir de ce quartier que le rastafarisme se diffusera dans la capitale puis dans l’île.

Considéré comme fou, Howell est plusieurs fois enfermé dans un asile ou en prison. Sa maison est incendiée. Il subit les attaques des politiciens, de la police et de l’Eglise. En 1954, le bastion de Pinnacle est relié au réseau routier de l’île, ce qui met à mal la tranquillité de la communauté. Le succès de son petit commerce attire également les clans de gunmen, qui bientôt s’entre-tuent pour le contrôle du trafic de l’herbe. Non violent, Howell subit des assauts répétés et doit quitter son domaine en 58, après avoir dispersé la communauté. Il se réfugie à Tredegar Park, où il vivra terré et paranoïaque, sombrant dans l’anonymat comme Marcus Garvey, oublié des siens comme de ses ennemis. Il y meurt en 1981, la même année que Bob Marley. Ironie de l’histoire, Bob Marley avait fait d’Howell un de ses maîtres spirituels même s’il se promettait d’échapper à son destin, chantant «  moi, je serai plus dur (‘tuff’) que le Gong (Howell)  ». C’est même cette référence qui servit de nom au label créé par Marley, Tuff Gong.

Prophétie de la rédemption

En Jamaïque, au XXe siècle, la religion affirme une domination culturelle quasi absolue sur la société. Il est essentiel, pour comprendre quoi que ce soit au reggae, de connaître cet aspect de la culture jamaïcaine.

Comme la plupart des artistes reggae, Bob Marley a chanté le gospel dans les églises pentecôtistes avec sa mère, qui a d’ailleurs enregistré un album de ce style. Bob a lui-même enregistré et publié plusieurs chansons gospel, dont «Let the Lord be Seen in You» (Bob Marley & the Spiritual Sisters, 1964) chez Tabernacle Records.

Entre l’abolition de l’esclavage (1838) et l’indépendance (1962), la Jamaïque, cette île de l’empire britannique, voit l’occupation coloniale se métamorphoser en domination ultra-libérale. Fervents religieux, maintenus dans l’ignorance et exploités plus que jamais, les Afro-jamaïcains vivent dans la misère. La fin de l’esclavagisme leur retire la nourriture et le toit que leur fournissaient les maîtres.

Marcus Garvey

Dans un contexte raciste aliénant, des communautés marginales et des confréries évangéliques, hostiles à la domination anglaise et à la religion anglicane, s’organisent discrètement. Certains de ces groupes rêvent de l’Afrique perdue. On les appelle les groupes éthiopianistes, car à cette époque, le nom Éthiopie désigne encore tout le continent africain.

Bientôt, l’imprimeur syndicaliste Marcus Mosiah Garvey essaie de rallier la résistance à la domination blanche, mais son message est ignoré lorsqu’il n’est pas simplement rejeté. Garvey quitte alors la Jamaïque pour les États-Unis. Dès la fin de la Première Guerre mondiale, ce Jamaïcain devient le premier grand leader afro-américain de l’histoire. Orateur de choc, il exulte les foules.

En Europe, l’extrême droite prend le pouvoir dans plusieurs pays: Italie, Allemagne, Espagne, Portugal… Malgré de nouveaux mouvements artistiques (dadaïsme, surréalisme) et de nouvelles idéologies (socialisme, marxisme), l’ambiance est partout réactionnaire, y compris aux États-Unis, où règnent la ségrégation raciale et la domination cruelle des Blancs: Dans ce contexte colonial, monarchiste, conservateur et anticommuniste, l’idéologie radicale du nationalisme noir de Garvey semble logique. Son combat est juste et il est pour lui d’abord racial.

Porte-étendard du message rebelle qui se transmettra avec le reggae, Garvey, l’enfant du pays, est perçu comme le libérateur de la diaspora des déportés: Comme le mouvement sioniste juif en plein développement à la même époque, Garvey estime que son peuple ne s’intégrera jamais aux autres.

Marcus Garvey prône le rapatriement des Afro-américains à la terre de leurs ancêtres, l’Éthiopie, de la même façon que les Sionistes préconisent le retour à la terre promise d’Israël. Garvey exhorte les Noirs du monde à l’unité totale et à une forme de séparatisme (racial, religieux et social) en réponse au racisme absolu qui l’entoure.

Le militantisme de Garvey annonce la naissance d’un mouvement nationaliste noir et l’aube d’un nouveau courant spirituel pour certains rebelles afrocentristes jamaïcains hostiles aux religions chrétiennes coloniales.

Considéré comme un prophète par les Rastas, Marcus Garvey fut proclamé héros national par le gouvernement jamaïcain en 1994, 24 ans après sa mort survenue à Londres où il a été enterré.

Suite à la prophétie annonçant le couronnement d’un roi en Afrique, l’avènement au pouvoir du monarque Hailé Sélassié, sous le titre biblique de « Roi des rois, Seigneur des seigneurs, Lion conquérant de la tribu de Juda, Lumière du Monde » est apparu pour les Rastas comme la révélation d’un envoyé de Jah, qui les mènerait à la libération de leurs souffrances. Ainsi, il est communément affirmé qu’Hailé Sélassié, à l’image de Jésus, est Jah incarné, Homme et Dieu.

Cette croyance est très importante dans la philosophie rasta, bien que souvent difficilement acceptée, y compris parmi les gens proches du mouvement. Ainsi l’artiste-producteur Yabby You, bien que très mystique, a-t-il toujours refusé cette divinité. La légende raconte qu’il tire son surnom de Jesus Dread du fait qu’il demandait aux chanteurs travaillant pour lui de mentionner Jésus au lieu de Selassié dans leurs paroles…

Hailé Sélassié lui-même n’a jamais reconnu le culte rasta envers sa personne, bien qu’il ait montré sa reconnaissance envers les Rasta en effectuant des donations de terre en Éthiopie, puis en effectuant un voyage mémorable en Jamaïque en 1966. Cette terre se nomme Shashamane : Hailé Sélassié offre cette terre dans les années 50 à tous les membres de la diaspora noire qui désireront rentrer en Afrique par le biais de l’Ethiopian World Federation (EWF) dont il est le fondateur. Ce fut un acte pour remercier les Noirs américains et caribéens présents lors de son couronnement à Addis-Abeba et qui essayèrent de sensibiliser l’opinion au sort de l’Éthiopie après l’invasion des troupes italiennes dans le pays. Ce terrain serait ainsi devenu pour certains Rastas le symbole du rapatriement en Afrique.

Ainsi, aux dignitaires rastas rencontrés lors de sa visite en Jamaïque, répondant au désir de ceux-ci de retourner en Afrique, a-t-il fait la proposition suivante : « Ne rentrez en Afrique que lorsque vous aurez libéré tous les Jamaïcains oppressés dans leur pays. »

Enfin, la vie et la mort d’Hailé Sélassié possèdent une dimension symbolique forte, en particulier dans sa mort et les péripéties qui ont suivi. Pour les rastas, Hailé Sélassié n’a pas disparu (Jah Live de Bob Marley). Voir sa page pour plus de détails sur la mort de Sélassié et ses différentes sépultures.

Robert Nesta Marley[1] est né le 6 février 1945 (date figurant sur son passeport mais non vérifiée officiellement car l’État de Jamaïque ne peut fournir d’acte de naissance) à Rhoden Hall près de Nine Miles, dans la paroisse de Saint Ann (Jamaïque). Il meurt le 11 Mai 1981 d’un cancer généralisé, parti d’une tumeur au pied repérée suite à un accident lors d’un match de football entre amis (ses medecins lui proposeront à plusieurs reprises l’amputation qu’il refusera à cause de sa religion). Bob Marley est né d’une mère noire jamaïcaine âgée de 17 ans, Cedella Marley Booker, née Malcolm, et d’un père blanc d’origine anglaise, superviseur à cheval des travaux des champs et âgé d’une cinquantaine d’années, Norval Marley, qu’il n’a que très peu connu. Les parents de Norval Marley n’acceptaient apparemment pas sa liaison avec une femme noire, et Norval, décrit par Cedella comme un homme gentil, mais de faible caractère, aurait été rejeté par sa famille. Bob Marley souffre de l’absence de son père, qui le fait venir à la capitale pour étudier quand il a cinq ou six ans. Sans nouvelles, sa mère le retrouvera des mois plus tard dans une rue de Kingston : son fils avait été confié à une vieille dame, pour qui il faisait les courses. Cedella voit Norval une dernière fois et reprend son enfant.

À l’adolescence, Bob Marley quitte la misère de la campagne pour celle du ghetto de Trenchtown à Kingston. Il y rencontre Neville Livingston dit Bunny Wailer et Winston Hubert McIntosh dit Peter Tosh, avec qui il chante des cantiques et des succès de soul américaine qu’ils entendent sur les radios de Miami. Le chanteur Joe Higgs leur donne des cours de chant. Bob Marley enregistre sa première chanson Judge Not pour le producteur Leslie Kong du label Beverley’s en 1962 à l’age de 17 ans ainsi qu’une reprise d’un succès de country & western de Claude Gray : One Cup of Coffee en 1962. Ces titres ska n’ont aucun succès mais Bob continue à s’investir dans la musique.

En 1963, il forme avec Junior Braithwaite, Peter Tosh et Bunny Wailer le groupe vocal The Wailers (les gémisseurs). Ils obtiennent un contrat avec Studio One en 1964 et leurs premiers morceaux de ska, gospel, rhythm and blues et soul sont produits par le grand producteur local Clement « Sir Coxsone » Dodd, qui a pour assistant en studio Le « Scratch » Perry (Scratch assure aussi la promotion). Bob quitte son métier de soudeur. Après l’album intitulé The Wailin’ Wailers, le trio se sépare de Coxsone, qui ne leur a pas versé grand chose en contrepartie des dizaines de titres qu’ils ont enregistrés pour lui (dont plusieurs succès, comme Simmer Down et Put it On).

That until the philosophy which holds one race superior and another inferior is finally and permanently discredited and abandoned; That until there are no longer first-class and second-class citizens of any nation; That until the color of a man’s skin is of no more significance than the color of his eyes; That until the basic human rights are equally guaranteed to all without regard to race; That until that day, the dream of lasting peace and world citizenship and the rule of international morality will remain but a fleeting illusion, to be pursued but never attained; And until the ignoble and unhappy regimes that hold our brothers in Angola, in Mozambique and in South Africa in subhuman bondage have been toppled and destroyed; Until bigotry and prejudice and malicious and inhuman self-interest have been replaced by understanding and tolerance and good-will; Until all Africans stand and speak as free beings, equal in the eyes of all men, as they are in the eyes of Heaven; Until that day, the African continent will not know peace. We Africans will fight, if necessary and we know that we shall win, as we are confident in the victory of good over evil. – Haile Selassie I

A different mix, which includes a different horn arrangement, released as a bonus track in the Deluxe Edition (2002) of the Rastaman Vibration album, revealed that Marley had recorded an extra verse also taken from the original speech: Until bigotry and prejudice, malicious and inhuman self-interest have been replaced by understanding and tolerance and good will, yeah, war. Until all Africans stand and speak as free beings equal in the eyes of the almighty, war. Everywhere is war.

In his speech to the U.N., Selassie reminded his listeners that these are only words; their value depends wholly on our will to observe and honour them and give them content and meaning.

Ce que la vie m’a enseigné
J’aimerai le partager avec
Ceux qui veulent apprendre…

En attendant que la philisophie qui tient une race
Supérieure et une autre inférieure
Ne soit, enfin et définitivement, discréditée et abandonnée
Partout c’est la guerre,
Je dis : guerre

Qu’en attendant qu’il n’y ait plus de citoyens
De première et de deuxième classe, dans chaque nation,
En attendant que la couleur de peau d’un homme
N’ait pas plus de signification que la couleur de ses yeux
Je dis : guerre

Qu’en attendant que les droits fondamentaux de l’homme soient justement
Garantis pour tous, sans considération de race
C’est la guerre

Qu’en attendant ce jour
Le rêve d’une paix durable, d’une citoyenneté mondiale,
D’un règne de moralité internationale
Ne restera qu’une illusion éphémère
Poursuivie, mais jamais réalisée
Maintenant partout c’est la guerre, la guerre

Et en attendant que les régimes ignobles et malheureux
Qui tiennent nos frères, en Angola,
au Mozambique,
en Afrique du Sud, dans un esclavage moins qu’humain
aient été renversés,
complètement détruits
Et bien, partout c’est la guerre, je dis : guerre

Guerre à l’est, guerre à l’ouest
Guerre au nord, guerre au sud
Guerre, guerre, rumeurs de guerre

Et en attendant ce jour, le continent africain
Ne connaitra pas la paix, nous les Africains combattront
Nous pensons que c’est nécessaire et nous savons que nous gagnerons
Puisque nous sommes sûrs de la victoire

Du bien sur le mal, du bien sur le mal, du bien sur le mal
Du bien sur le mal, du bien sur le mal, du bien sur le mal

http://www.youtube.com/watch?v=30yEQZYjg9I

La philosophie rasta

Pour H mon amour qui en est l’inspiratrice

Je me sens beaucoup plus proche de la philo rasta quand je tape le djumbe que quand j’écris de la philo avec mon pote. La philo rasta se vit au quotidien quand on partage notre fume et que l’on fait l’amour, attachés à la terre par nos racines.

La Terre, mère de notre origine,

Zion, nature dont nous faisons partie,

où tout commence et qui a peut-être toutes les réponses.

Racines du Congo,

des premiers sons.

Toute la nature a l’air fragile et étonnée.

Les oiseaux peuvent décoller et prendre de la distance.

Depuis l’origine nous survivons tous

malgré les guerres, l’esclavage, les migrations,

nous recréons des générations nouvelles.

L’évolution ne nous dit-elle pas qu’il est toujours plus beau

et plus créatif de regarder vers le futur ?

Que dans l’origine floue conservatrice,

avec des jugements souvent n’ayant plus cours,

toujours derrière un monde qui avance.

L’esprit dans le passé et le corps peureux

La planète survit en se réadaptant consta

et le message rasta est que la raison de la vie est de préparer

un monde toujours meilleur pour les générations futures.

Comme patiemment ses parents l’ont fais avant lui.

Une humanité qui sait demander pardon prouve qu’il existe un sens commun qui est la conscience.

Possible ou impossible, le pardon nous tourne vers le passé. Il y a aussi de l’à-venir dans le pardon”. Jacques Derrida.

L’homme n’oublie jamais, s’il grave le pardon dans la mémoire collective.

La mémoire se transmettra toujours comme l’amour

et le désir de liberté ne disparaitra jamais de l’espoir des hommes.

Les forces de domination ont toujours existées et imposées leur foie.

Ont-elles été crues par un seul être humain depuis l’origine de l’homme jusqu’ à nos jours ?

Le courage de la pensée et la conscience de ses limites ont-elles apportées la vraie liberté à l’esprit de l’humanité?

L’intérêt et la peur qui nous nourrissent ressemblent de plus en plus à une machine fatiguée et aveugle.

Quel prochain virus nous vendra-t-elle ?

Les rastas n’ont pas peur de leurs laboratoires,

le rasta ne se nourrit pas de ces meurtres.

Nous construisons un monde, serait-ce déjà pour le révoquer ?

La divinité de la vie, ce battement ininterrompu, se positionne comme un message.

Cherche-t-elle à attirer notre attention ou être divinisée ?

Elle occupe un espace mystique qui occulte de plus en plus les sectes qui ont réussies.

Le rasta est né de l’amour de ceux qui enfantent par les danses répétées,

la maturité peut être égale à tous les enfants du monde, à tous les adultes,

les générations succédant aux générations, l’amour suit son chemin inaltérable.

St Paul pensait peut-être qu’il serait oublié ?

Mais elles sont bien trop jolies,

et si il y avait une victoire facile, sans honte et sans violence,

c’est bien celles de ses épaules et de son ventre.

L’Europe est encore dans le traumât post Choa.

Les sâdhus indiens, les griots, les shamans ont guéris bien des plaies.

Le continent africain attend son heure, c’est ta peau, qui entoure ton corps où tu retrouveras toujours ton essentiel.

C’est quoi one love ?

Certains passent de longues années à rêver d’idéal de liberté voyageuse,

ensemble et se sentir bien,

être un exemple de nomadisme protégé par un plafond d’étoiles,

l’imagination faisant le reste, elle devient œuvre d’art.

Les concepts s’emboitent en moins de 15 secondes si elle soutient mon regard,

et sa dure pour combien de milliards d’années ?

Il y a aussi le sang incontrôlé, trop de veines,

ca brule peut-être d’un danger qui disparait très vite se transformant en amour.

Un horizon de génération est tranquille s’il est garanti d’aller à la victoire de l’amour.

Les cultes religieux rastafari n’ont jamais été légalisés,

et le calice non plus n’est pas légalisé.

Entre rastas on peut fumer de l’herbe ou jouer de la musique de toute façon tout finit un peu en dansant.

Une nouvelle culture se construit sans matériaux ni chantier,

ce ne sont pas des chateaux de sable ni de nouvelles forteresses,

silencieusement elle se construit, elle n’a pas d’architecture, pas de journaux,

pas de propagande.

Le rasta fait ce qu’il a toujours fait.

Qu’importe le temps et la violence, les conflits mondiaux qu’aucune des parties ne croit,

ni aucun de ses soldats.

N’y ont-ils jamais crus ?

Conscients que contre le gain et la peur, qui sont leur unique ennemi

aucune bataille n’a été gagnée dans l’esprit des rastas.

Les multiples croisades, ont-elles eues une raison ?

Le rasta sait que ceux qui les ont fomentées n’y ont jamais crus et ceux qui en sont mort non plus.

Il n’y a jamais eu de victoire sur l’épanouissement et la libération humaine.

Le rasta se doute que des masques moustachus attendent leur moment pour lui voler la victoire.

Mais que représente ces insignifiants moments carcéraux si Nelson Mandela devient président ?

Le changement climatique, le déchirement de notre unique protection,

l’ozone qui nous protège, ouverture béante qui brule et fait fondre nos pôles,

l’effet compte à rebours aidera-t-il l’humanité à aller de l’avant en revenant à la terre mère, Zion, l’Afrique, la nature ?

Le mouvement des hanches souples, les peaux dorées,

les gens de Babylone ne les voient jamais. Ils se couchent à heure fixe.

Plus de peur que de vie.

La mort est la mort de la mort,

elle est bien douce à celui qui a sut prendre le message d’honorer la vie,

elle aurait du nous enseigner, qu’elle n’est belle que parce qu’elle est courte

et si pour certains elle n’est pas assez courte, ou pour d’autres trop courte,

pour le rasta il n’y a pas un moment à perdre car s’il se met à la place du créateur,

comme l’enfant qui découvre le monde comme un jardin,

enchante celui qui lui a offert, et rend fou de rage celui qui ne voit rien et dont la vie ne sert uniquement qu’à se faire une place au paradis, il est à souhaiter que la réincarnation puisse au moins exister pour eux. Le rasta n’a pas besoin de la réincarnation.

La marijuana élève l’âme du rasta, lui fait franchir les portes de la perception,

un autre miracle se produit,

il voit, il entend, il sent, il touche, cet état sensible est pourtant réel,

est-il la mission de l’être humain ?

Le chemin qui mène à ce bonheur qui nous traverse est-il la réponse à toutes les questions de l’humanité ?

Aimer et se sentir aimé par la vie,

Platon, Aristote, Spinoza, Nietzche, Descartes, Derrida, l’auraient-ils écris s’ils en avaient eu la liberté ?

Tu viens mon amour, fumer l’herbe, le bonheur n’est pas illégal dans notre terre promise.

L’enfant, cet étranger regarde la création de Jah,

on ne discerne aucun jugement négatif chez ce touriste voyageur,

sur le visage de cet enfant,

car entre je et je, il sait qu’il est unique et que philosophiquement tout vient de lui, va à lui,

que la conscience de l’être humain retourne a l’être humain.

Il s’aime, sa beauté vient de sa conscience, il est fier,

il peut laisser les ombres et les lumières de la lune caresser son visage et son corps,

il connait la valeur d’une larme.

La divinité du sourire, il sait la voir dans l’émotion de l’autre.

A l’autre bout du monde, ces rastas indiens aux longues dread locks,

vivant pratiquement nus et fumant de la marijuana, ces dieux de l’Hindouisme,

ces guerriers exemplaires dans notre lutte contre la machine économique aveugle,

maigres mais libres, le rasta s’en inspire.

Les dictateurs ont toujours mal interprétés les castes,

tu n’es que l’élite de toi-même.

La démocratie ? Deux dictateurs au lieu d’un ?

Les gens de Babylone doivent choisir lequel des deux s’enrichira ?

Cloner un Hitler pour les obliger à voter ?

Cette perversité menaçante se réduit et grandit l’abstention.

Les cyniques se perdent dans les rires et disparaissent,

le sens de l’humour est immortel.

Le futur de l’homme est le capital commun,

le -isme est sa destruction (we don’t want your –ism, skism. Bob Marley),

nous ne voulons pas de vos -ismes, ni de vos catégorismes.

L’être humain ne possède que lui-même.

L’argent ne peut pas acheter sa beauté, sa créativité, son bonheur.

Les erreurs de la nature ? Le rasta n’y croit pas,

le leader est seul responsable de ses erreurs.

Les vrais leaders sont les poètes, les chanteurs, les danseurs, les musiciens.

Un jour les seuls discours ne seront que des silences syncopés,

de ces petits cris aigus d’orgasmes, de nos souffles mélangés,

et ce sentiment d’avoir joui jusqu’au dernier souffle.

Les amis de Bob écoutent le bruit des vagues et du vent,

leur rythme et leur voix sont au diapason d’un cycle immuable

et se font écho aux quatre coins de l’horizon.

Bob a des amis sur tous les continents,

ses refrains circulent sur les trottoirs de l’Amérique, de la Chine, de la Suède, du Sénégal à la Mongolie.

Son message construit discrètement le futur.

Pour la première fois depuis l’humanité nous ne connaissons pas le nombre de ses guerriers

et aucun signe extérieur ne définit ces révolutionnaires invisibles et pacifiques.

Le langage dans son message d’amour fissure l’institution de cette classe moyenne,

êtres réduits à l’illusion de liberté,

le corps vidé de sa substance pour toute création à venir,

animaux domestiques nourris par la peur.

Le rasta est plus sécurisant sous son ciel d’étoiles et sa garantie du plaisir renouvelé chaque nuit.

L’hédonisme est spirituel,

si le corps est réel, les sensations de jouissance le sont aussi.

Seins et vulves ventres et hanches, pubis triomphants, corps musclés graciles, tendus, bandés, vifs et élégants, phallus en érection…

Respirent, fatiguent, jubilent, s’assoupissent, dorment, rêvent et meurent.

Comme tout ce qui nous entoure, tout ce qui vit ne peut vivre que par la reproduction,

ventre plein de la baleine et de la femelle gorille,

conscience immuable du futur, plus forte que toute la pollution ?

Pour l’aigle là-haut dans le ciel,

la destruction par Babylone n’est-elle qu’un court moment dans l’histoire du monde ?

Nos sœurs doivent continuer à nous libérer, nous épanouir,

la force musculaire conflictuelle ne nous apporte rien de bon,

le rasta leur donne le pouvoir car c’est dans nos sœurs que l’humanité trouve le réel plaisir,

la drogue qui élève notre âme et inspire les plus belles chansons et font danser leur petits pieds.

Notre civilisation arrivera-t-elle à communiquer avec les plantes, les oiseaux, les serpents ?

Dépassera-t-elle l’énergie nucléaire, la fusion, l’ADN, les voyages sur Mars ?

Investira-t-elle toute sa science dans l’émotion de tout ce qui se trouve en face d’elle ?

Comme a écrit Rabelais : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».

Quand enfin la conscience permettra aux scientifiques et aux créateurs d’utiliser leurs qualités à des fins bénéfiques pour la société, voterons-nous pour ceux qui bercent notre âme, nous révèlent des messages, nous montrent le chemin ?

Leur humilité est une preuve de crédibilité,

et la laideur des leaders,

et la laideur de leur femme, leurs enfants nous prouveront qu’elle n’est pas génétique.

Le rasta les plaints,

le rasta se trompe-t-il si son intuition lui dit que tous les présidents auraient sans doute tout donner pour éliminer ce complexe et pour une heure devenir percussionniste ?

Sourire autour de soi, avoir les muscles ronds tendus et chauds, son sac plein d’amour et les poches vides.       Le bonheur qui remplit le cœur d’un homme est son unique retraite, sa seule sécurité.

Le rasta frissonne en pensant que la vie des gouvernants est fragile.

Une larme retenue à l’adolescence, perdre toute valeur éthique et plonger dans cette dépression, perdre l’équilibre, se croire inférieur,

n’avoir à courir pour un temps toujours trop court vers les compensations de cette humiliation.

Le rasta ne croit pas en l’échec de la nature qui suffirait à elle toute seule pour en expliquer la destruction.

Les forces de l’âme sont bien plus créatrices de beautés réelles et l’enseignement de l’histoire devraient permettre d’aider ces futurs adolescents perdus à retrouver le respect d’eux-mêmes, la beauté dans leur cœur, leur sentiment de fierté.

Avant que ne leur pousse cette vilaine petite moustache, simples poils à gratter mais qui finit par une nervosité hystériqueà vouloir arracher la peau des autres.

Le rasta conscient qu’il n’y a pas de liberté d’expression dans Babylone,

il attend ce jour où, comme lui les être humains pourront dire le paradis est ici et maintenant,

rire de tous les stupides noms de Dieu, et des montagnes de mensonges qui emprisonnent son frère arabe, juif chrétien, tous ses frères si doux sans aucune violence.

De toute l’histoire de la terreur humaine aucune n’a dépassé le nombre de morts par accidents de voiture au cours d’un week-end européen. Babylone s’entretue bien plus facilement que tous les messages de toutes ces contre-informations que les vieux journalistes veulent faire croire à nos frères.

Mon père me disait : le continent le plus doux et le plus non-violent est l’Afrique.

Seuls survivants avec sa sœur jumelle des camps de concentration,

il aimait par-dessus tout ce continent pour ce mélange sans frontière et cette nouvelle génération multiculturelle qui grandissait devant lui.

On dit que l’Afrique est le berceau de l’humanité, elle voit se terminer l’adolescence des hommes

et aperçoit à l’horizon les adultes après cette longue crise œdipienne qui viennent enfin jouir intensément de chaque instant de notre unique et grande richesse, la vie.

Poèmes

Mon enfance mon amour

Arraché aux rivages tropicaux,

arraché aux parfums sauvages qui montent des pirogues au coucher du soleil,

arraché au silence mysterieux qui glisse entre les rochers noirs,

arraché aux étoiles d’écume qui scintillent quand la mer se retirent en une caresse passionnée,

arraché à cet univers magique de crépuscules brûlants, où les vagues devenues flammes reflètent mes rêves du monde, mon enfance mon amour.

One Love

Jean-Luc Meyer-Abbatucci