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Israël Neguev

Une sculpture dans le Neguev

Jean-Luc MEYER-ABBATUCCI a réalisé en 1995 une installation sur trois champs d’un kilomètre de diamètre chacun dans le sud-ouest d’Israël, non loin d’Ofaquim entre Gaza et Beer-Sheva dans la région du Neguev. Cette sculpture monumentale fut prise en photo par la NASA ; il s’agissait alors d’une expérience unique, réalisée pour la première fois.

Michael LOPEZ-ALEGRIA allait partir pour la mission STS 73, organisée par la NASA, à bord de la Space Shuttle Columbia le 21 Septembre 1995, depuis Cap Canaveral en Floride, pour une durée de 16 jours, à 300 kilomètres au dessus de la Terre.

La rencontre de l’artiste et de l’astronaute peu auparavant allait donner lieu à un grande aventure artistique.

Jean-Luc MEYER-ABBATUCCI fit part à Michael LOPEZ-ALEGRIA de ses projets de « sculptures » à grande échelle consistant à créer des formes gigantesques sur une surface et de son désir de faire intervenir la technologie en prenant des images satellite, procédé le plus avancé dans l’aventure scientifique de l’Humanité.

Jean-Luc MEYER-ABBATUCCI voulait que ces formes soient identifiables de l’espace comme des peintures vues du ciel, mais comme des oeuvres « terriennes », faisant abstraction des frontières artificielles.

Du point de vue de la représentation, les différents modes d’images satellite sont autant de procédés proposant des perceptions différentes de « l’objet » gravé sur la terre (images SAR, infrarouges, panchromatiques, multispectrales …).



Les photos de l’installation et de la NASA :

L’installation fut réalisée sur trois champs circulaires d’un kilomètre chacun. Peu après la moisson du blé. Jean-Luc MEYER-ABBATUCCI brûla des formes visibles de l’espace en se servant des tiges résiduelles de la moisson.

Les formes dessinées par l’artiste furent, sur le premier champ un triangle, symbole féminin, sur le second, les courbes d’un corps de femme et sur le troisième champ, une ligne sinueuse qui serpente, symbole de la faille syro-africaine qui s’étend de la Turquie jusqu’au Mozambique en traversant Israël, et que l’on nomme le Grand Rift.



Localisation et photo satellite :



Faille géologique, faille humaine :

La notion de faille renvoie selon l’artiste à l’idée que la terre évolue au delà des principes de frontières créées par l’Homme. Le Grand Rift est un phénomène géologique continuant son mouvement lent et imperceptible, au rythme de millimètres arrachés à la terre en plusieurs milliers d’années : dans environ 50 millions d’années, la corne de l’Afrique sera séparée du reste du continent africain et l’eau salée pénétrera jusqu’au lac Victoria.

Les sociétés et leurs cultures sont sources de changements permanents et malgré les désirs de frontières et de protectionnisme la circulation des personnes et des idées construit l’histoire de l’aventure humaine. C’est dans ce sens qu’il convient de parler de « faille humaine », en tant que processus continu qui fait évoluer le cours de l’histoire.
Cette « faille humaine » est en perpétuel mouvement, les hommes sont instables, créent des déchirures, des « glissements de terrain », plus clairement des conflits.

La faille devient métaphore de la faille humaine et de sa peine à communiquer, à transmettre, celle qui ponctue le cours de l’Histoire de l’Humanité toujours en perpétuelle mutation.

Femme ou Terre Mère :

Dans l’écriture sumérienne, qui fût la première écriture (elle prend naissance en Mésopotamie il y a de cela six mille ans), le triangle était un signe ou pictogramme qui désignait la femme.

Le triangle représenté sur le second champ symbolise la féminité, autre thème de prédilection de l’artiste : la femme est source de vie, elle est la mère génitrice. La terre donne la vie, elle est aussi source de vie.



Œuvres de l’artiste inspirées par le projet :